D'après une histoire vraie

Exposition du 4 au 18 juin 2022
aux Ateliers de la Ville en bois, Nantes

"Suite à l’appel à projets jeunes commissaires Alpha #4 de MPVite, en partenariat avec les Ateliers de la Ville en Bois, l’association le pépin mû est heureuse de présenter «D’après une histoire vraie». Cette exposition monographique de Théo Audoire contient des productions conçues à partir du lieu.

 

Sous le nom de Plaisance Nature-Aliments, les espaces des Ateliers de la Ville en Bois ont abrité pendant des décennies la fabrication de préparations culinaires à base de poudre. Au début du XXIe siècle, le quartier jusqu’alors très industrialisé mute en un quartier résidentiel. La fabrique quitte les locaux et s’installe à Rezé. Si l’on en croit la rumeur, l’usine Plaisance est devenue un lieu de croisements artistiques. Cependant l’activité originelle n’a jamais cessé. Des souris ouvrières ont pris la relève, de leur propre chef et dans la plus grande discrétion. Opérant une forme d’espionnage industriel, ces petits êtres quadrupèdes s’inspirent secrètement du fonctionnement de l’usine.

 

Sous l’ouverture zénithale des Ateliers de la Ville en Bois s’élève une structure aux contours oranges. Elle trône au centre de l’espace et s’efface progressivement à mesure de la découverte de ce qui la compose. Sur des palettes de bois sont dispersées des cartons, boîtes de polystyrène et autres bobines de plastique. Désireux de s’approprier le passé industriel des ateliers, Théo Audoire a pris le temps d’observer méticuleusement cette nouvelle usine et de collecter du matériel lié à sa production. En immersion pendant une dizaine de jours parmi les machines et leurs exploitant·e·s, l’artiste a fait sien ce vocabulaire de stockage et de distribution..."

OMG - 2022 - Couleur - HD - 14 min 50

"À son tour espion, il décide de filmer l’activité qui se déroule sous ses yeux. Le film omg aborde sa rencontre avec les mécaniques industrielles. Au fur et à mesure du visionnage s’installe un sentiment d’attachement à l’égard des appareils. Il devient tentant de les apparenter à des automates. La scène finale explicite cette personnification qui est à l’œuvre : sous une lumière tamisée, un robot interprète «Oh My God» d’Adèle - chanson diffusée en boucle sur la radio de l’usine. La performance revêt une certaine sensualité. Partant d’un fredonnement, le son prend corps, frôlant la puissance d’un orgue dans une église.

Cette bande son habite l’ancien entrepôt, se résumant par moment au bruit de fond d’une usine. Des ronflements réguliers, provenant de l’installation, s’y mêlent. Il faut s’approcher pour distinguer ces faibles fréquences les unes des autres. À ce niveau de proximité, il apparaît que des objets de différentes échelles cohabitent et s’hybrident. Sur les cartons sont greffés des flacons, des grilles d’aération, des VMC et autres éléments témoignant d’une circulation sous-jacente. Des réseaux de tubes pour rongeurs parcourent l’espace et semblent converger vers les hauteurs. L’œil humain ne parvient pas à saisir la cohérence de cette machine-organe. Des signes d’activité se révèlent progressivement. Un fluide s’écoule à travers des tuyaux transparents, des lumières clignotent au sommet de l’installation et de l’air s’échappe d’une pile de cartons cellophanés.

 

L’espace est irrigué. S’il est difficile de cerner l’activité en jeu dans ces lieux, l’existence de cet organe est indéniable : il respire."

Texte de Mathilde Moreau et Pauline Thoër,

Feuille de salle

 Le pépin mû – Association (lepepinmu.com)

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janvier – juillet 2022 – Les Ateliers de la Ville en Bois 

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